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« Après 7 ans dans la finance, je suis devenu producteur d'huile d'olive »

ParChloé Marriault

« En 2014, je me suis rendu à l'hôpital pour une opération de routine. Celle-ci ne s'est pas passée comme prévu et je me suis retrouvé avec une paralysie faciale. Il me fallait réapprendre à parler, suivre des mois de rééducation pour mouvoir mon visage. Je me suis rendu compte que la vie pouvait basculer à tout moment et qu'il fallait la vivre pleinement.

A l'époque, j'étais chargé d'affaires à BNP Paribas à Paris. J'avais un poste confortable, intéressant et épanouissant. J'appréciais beaucoup la relation commerciale que j'entretenais avec des chefs d'entreprise du secteur du luxe. Avant cela, j'avais été analyste des risques grands comptes dans cette même banque, après avoir été pendant deux ans auditeur chez EY.

Une vie qui manque de piment

Au fond, je savais que ce qui me faisait vibrer était ailleurs. D'abord, parce que travailler dans la finance impliquait de vivre à Paris. Or, je ne me sentais pas à ma place dans cette ville, je ne m'y projetais pas. Moi qui avais grandi à La Réunion, qui aimais la nature, j'avais besoin de vivre dans un environnement au vert.

 

En arrêt maladie, j'ai quitté la capitale pour m'installer à Annecy et ai commencé à faire une réelle introspection. Je m'étais lancé dans des études de finance car j'étais bon en maths. Je me suis demandé les décisions j'aurais prises si tout avait dépendu de moi, si je n'avais pas été orienté par la pression sociale, par ma famille. J'ai repensé à mon rêve d'enfant : devenir jardinier. Petit à petit, j'ai eu l'impression que toutes les pièces du puzzle se mettaient en place. Mon avenir m'a semblé clair : ce qu'il me fallait, c'était produire de l'huile d'olive !

Produire de l'huile, un passe-temps

Lorsque j'étais étudiant, mon oncle a emménagé dans le Péloponnèse, en Grèce, avec sa compagne qui en était originaire. Je séjournais régulièrement chez eux et adorais cueillir les olives du jardin. On les emmenait au moulin pour les faire presser, en vue d'avoir notre propre huile.

Plus tard, ma mère a quitté La Réunion pour vivre en Grèce. J'y passais toutes mes vacances. Je prenais toujours autant de plaisir à produire de l'huile et à en offrir à mes amis et collègues. Avec mon frère ingénieur, Christophe, nous avons acheté ensemble une parcelle d'oliviers lorsque j'étais salarié chez EY. Petit à petit, des proches qui appréciaient notre huile m'ont proposé d'acheter quelques bouteilles.

Pendant mon arrêt maladie, j'ai repensé aux repas d'affaires que j'avais par le passé avec mes clients du secteur du luxe. Nous allions dans des restaurants gastronomiques et il y avait souvent de l'huile d'olive à table. Je me suis dit que c'était un produit universel, intemporel, un indispensable en cuisine. Qu'on pouvait le sublimer et en faire quelque chose de luxueux.

Un soir, alors que je dînais avec ma compagne dans un restaurant étoilé de Yoann Conte à Annecy, j'ai vu qu'il y avait de l'huile d'olive à table. J'ai voulu lui faire goûter la mienne. Il a aimé mon produit et cela m'a convaincu que ce que je produisais avait du potentiel.

5.000 litres d'huile par an

En 2015, j'ai donc sauté le pas : j'ai démissionné de mon poste à la banque et lancé mon entreprise sous le nom de Chris & Olive. J'ai suivi des formations pour perfectionner mes techniques d'oléiculteur et pour devenir juré en compétitions oléicoles.

Je mets un point d'honneur à produire une huile de qualité, avec des olives cueillies à la main, sans pesticides. Aujourd'hui, je possède sept hectares de terres plantées d'oliviers en Grèce. Je produis environ 5.000 litres d'huile d'olive par an. J'exerce seul mais suis aidé de mes proches pour la récolte.

J'ai étoffé ma gamme, avec notamment du miel produit en famille. Je commercialise mes produits sur mon site, auprès de restaurateurs dont certains sont étoilés, dans des épiceries, des caves à vin et fromagers en France et à l'étranger.

Mon huile a été récompensée par des prix. C'est une vraie reconnaissance pour moi qui ne suis pas du milieu. Mon entreprise est viable. Je vis d'un produit pour lequel je me suis pris de passion. Et si cela est possible, c'est aussi grâce à toutes mes années en finance qui m'ont apporté des connaissances qui me servent au quotidien. »

source: https://start.lesechos.fr/travailler-mieux/metiers-reconversion/apres-7-ans-dans-la-finance-je-suis-devenu-producteur-dhuile-dolive-1342227

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